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Le prologue et les 10 volumes

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Le prologue de La Maison du Bonheur s’ouvre sur Ike, 34 ans, à qui les médecins annoncent un cancer en phase terminale. Habité d’une étrange sérénité, il décide de raconter les événements inexplicables de sa vie, pour que ceux qui traversent les mêmes tempêtes ne marchent jamais seuls dans l’obscurité.

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Je m’appelle Ike, j’ai trente-quatre ans, et il y a quelques jours, ma vie a basculé de manière inimaginable. Les médecins ont prononcé un verdict sans appel : un cancer en phase terminale. Selon eux, il ne me reste plus qu’une semaine, peut-être deux, à fouler cette terre. Face à cette sentence, la plupart des gens seraient submergés par la terreur, écrasés par l’ombre de l’inconnu qui s’étend au-delà du dernier souffle. Mais moi, contre toute attente, une étrange sérénité m’habite. Ce n’est pas de l’insensibilité face à la gravité de ma situation, loin de là. C’est autre chose, quelque chose de plus profond, de plus ancien. Une paix née de l’acceptation, nourrie par la conviction d’avoir vécu chaque instant avec une intensité que peu d’âmes connaissent.

Dans cette vie éphémère, j’ai exploré toutes les facettes de l’existence humaine. J’ai plongé dans les abysses les plus sombres de l’âme, affronté la cruauté brute, la noirceur indomptable qui sommeille en chaque être. J’ai été témoin de l’horreur, du désespoir, de cette douleur sourde qui pousse les hommes à se perdre. Mais j’ai aussi connu le bonheur pur, l’éclat de la joie qui surgit de l’amour inconditionnel, de l’amitié sincère, et de la foi en quelque chose de plus grand que nous. À travers mes épreuves et mes triomphes, j’ai découvert que la vie n’est rien d’autre qu’une quête inlassable de sens, un pèlerinage vers une vérité cachée derrière le voile de notre réalité quotidienne.

Ce sens, je l’ai trouvé en reconnaissant la présence d’une force supérieure, une main invisible qui guide nos pas même lorsque nous croyons être seuls. Appelez-la, Dieu, Allah, Yahvé, ou le Grand Esprit de nos ancêtres ; l’essentiel n’est pas le nom que nous lui donnons, mais la conscience que nous ne sommes pas seuls dans cet univers. Qu’il existe une intelligence bienveillante, une source de lumière éternelle, qui transcende notre existence limitée et qui veille sur chacun de nous, même dans nos moments les plus sombres.

Aujourd’hui, alors que l’ombre de la fin s’étend sur moi, je sens ma foi se renforcer plutôt que de vaciller. C’est comme si chaque épreuve que j’ai traversée, chaque douleur ressentie, n’avait été qu’une préparation pour ce moment ultime. Car cette foi n’est pas née d’un confort ou d’une vie facile, mais d’un combat acharné pour comprendre, pour accepter, pour croire malgré tout. J’ai vu des choses qui défient la raison, des événements qui m’ont brisé et reconstruit d’une manière que je ne peux expliquer autrement que par l’œuvre d’une force divine.

J’ai étudié avec ferveur les mystères de l’univers, des origines du monde à l’explosion du Big Bang. J’ai épluché les théories scientifiques les plus complexes, cherché des réponses dans les équations et les preuves tangibles. Et pourtant, malgré toutes ces connaissances, une certitude s’impose à moi : le Big Bang n’est pas le commencement. Il y a quelque chose de plus ancien, de plus vaste, un mystère au-delà du temps et de l’espace, une conscience primordiale qui nous échappe et qui pourtant nous englobe.

Je n’ai jamais raconté les événements étranges qui ont jalonné mon existence, ces moments où j’ai senti la main du destin peser lourdement sur mon épaule, où j’ai frôlé l’inexplicable et senti le souffle du divin. Mais maintenant, alors que je me tiens sur le seuil de l’éternité, une urgence me pousse à tout révéler. Non pas pour moi, car je suis à la fin de mon voyage, mais pour ceux qui viendront après moi. Que mon récit puisse être un phare pour ceux qui traversent des tempêtes similaires, une lumière dans les ténèbres de l’incertitude, un guide pour ceux qui cherchent encore leur chemin.

Ce que je vous livre ici, ce n’est pas une fable ou un conte de fées, ni une tentative désespérée de laisser une trace. C’est la vérité nue, telle que je l’ai vécue, crue et sans ornements. Ne vous attendez pas à des métaphores élégantes ou à des envolées lyriques – il ne me reste plus de temps pour les artifices. Ce que vous lirez ici est brut, chaque mot est gravé dans la chair de mon expérience, chaque phrase est un écho de mes batailles, de mes douleurs, et de mes découvertes.

Alors que les derniers grains de sable s’échappent de mon sablier, je vois ma vie défiler comme un film sur l’écran de mon esprit. Chaque moment, chaque choix, chaque épreuve a façonné le tissu de mon existence. Il ne me reste plus que quelques battements de cœur, quelques respirations pour conclure ce voyage. Mais avant de partir, je laisse ces mots comme un testament, une marque indélébile de mon passage sur cette terre.

Que ceux qui liront ces lignes se souviennent : même dans les ténèbres les plus profondes, une lumière brille toujours, une force transcende toute compréhension, un amour éternel enveloppe chaque âme. C’est une vérité que j’ai découverte tard, mais que je partage avec vous, afin que vous n’ayez jamais à marcher seul dans l’obscurité.

La suite se trouve dans le livre.

Volume 1 · L’eau bénite

Un jour de victoire au football, un silence étrange, et des prières murmurées au bout du couloir.

Un matin, alors que la chaleur s’installait déjà, j’étais le seul debout dans la maison. Mes sœurs étaient collées à la télévision, et Jack profitait d’une grasse matinée bien méritée. Moi, je n’avais qu’une idée en tête : le football. Cette journée promettait d’être l’une des meilleures. Le soleil, déjà haut dans le ciel, lançait ses rayons perçants à travers les feuillages, tandis que la terre battue du terrain scintillait, prête à accueillir les joueurs. Ce jour-là, mon équipe a remporté un mini-tournoi organisé par des anciens joueurs professionnels. Je rentrai chez moi, exalté, la médaille encore pendue à mon cou. Mais une fois à la maison, l’atmosphère changea du tout au tout.

Je pénétrai dans le salon, espérant partager ma joie avec mes sœurs. À ma grande surprise, elles n’étaient pas là, ce qui était inhabituel. Le silence régnait en maître, un silence étrange, presque pesant. À mesure que je m’avançais dans la maison, une sensation d’inquiétude commença à s’insinuer en moi, comme si les murs eux-mêmes murmuraient une angoisse latente. Le soleil, qui m’avait paru si éclatant quelques instants plus tôt, semblait maintenant projeté des ombres angoissantes à travers les fenêtres. En approchant du bout du couloir qui menait à la chambre extérieure, j’entendis des murmures, des voix étouffées. Mes sœurs récitaient le « Notre Père » encore et encore, d’une voix tremblante. Je pensai d’abord que c’était une farce, une mise en scène pour une pièce de théâtre qu’elles préparaient peut-être. Mais plus je m’approchais, plus l’inquiétude se changeait en terreur.

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Volume 2 · Le mur

Une panne de courant, des bougies, les récits d’un père… puis la nuit, et les murs qui vibrent.

Un samedi soir, après une journée où l’électricité avait été coupée, la nuit s’abattit sur notre quartier, enveloppant chaque maison dans une obscurité épaisse et palpable. Les rues, d’habitude animées par les lumières vacillantes des réverbères, étaient plongées dans le noir complet, comme si le monde avait été englouti dans une mer de ténèbres. En rentrant à la maison après une longue journée de football, je trouvai ma famille réunie au salon, éclairée par la lueur tremblotante des bougies. Leur lumière dansait sur les murs, projetant des ombres étranges qui semblaient prendre vie, étirées par les coins sombres de la pièce. Nous avons passé la soirée à discuter, à écouter une énième fois mon père raconter son “incroyable” parcours, de l’école de son village perdu dans les montagnes de l’Ouest Cameroun à l’une des plus prestigieuses universités de Bruxelles. Ces moments de partage, bien que routiniers, portaient en eux une chaleur réconfortante, une simplicité qui masquait la menace invisible qui rôdait dans l’ombre, prête à frapper.

Il était minuit passé lorsque je me glissai dans mon lit, avec mon cousin Jack endormi à mes côtés. La nuit était étrangement silencieuse, seulement troublée par les rares faisceaux de lumière lunaire qui perçaient à travers les rideaux, dessinant des motifs fantomatiques sur le sol. Le calme était presque inquiétant, comme le calme avant une tempête. Mais ce silence ne dura pas longtemps. À peine avais-je fermé les yeux, tentant tant bien que mal de vider mon esprit et de me laisser glisser dans les bras de Morphée, que les camions du dépôt reprirent leur défilé infernal. Leurs moteurs rugissants résonnaient comme des tambours funèbres, chaque grondement s’insinuant dans le silence de la nuit, faisant vibrer les murs et mes nerfs déjà tendus.

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Volume 3 · L’animal

Un père respecté, une bouteille cachée derrière un placard, et une nuit que son fils n’oubliera jamais.

Il ne buvait jamais avec ostentation. Ce n’était pas un homme que l’on pouvait qualifier d’ivrogne. Non, son rapport à l’alcool était plus subtil, presque méticuleux. À la tombée de la nuit, lorsque le silence enveloppait la maison et que le monde extérieur semblait enfin s’éloigner, je l’entendais parfois, d’une discrétion désarmante, ouvrir la bouteille cachée derrière un placard. Le bruit du bouchon qui se libérait de son col étroit résonnait dans les couloirs comme une confession étouffée. C’était le signal de la fin de la journée, une fin marquée par une solitude lourde et pesante.

Il buvait lentement, chaque gorgée soigneusement mesurée, comme s’il cherchait dans l’alcool non pas l’oubli, mais une forme de réconfort, une échappatoire à la réalité. Le liquide ambré glissait dans son verre et, avec lui, semblait couler un flot de pensées non dites, de rêves brisés et de regrets accumulés. Dans ces moments-là, je pouvais presque voir le masque de mon père se fissurer, laissant apparaître les traces d’un combat silencieux qu’il menait contre ses propres démons. Son visage devenait plus sombre, ses yeux se perdaient dans une contemplation lointaine, et une ombre imperceptible semblait s’étendre sur son âme.

Malgré tout, il ne laissait jamais paraître cette lutte intérieure. À l’extérieur, il conservait toujours son allure imposante, sa voix ferme, mais à l’intérieur, je pouvais sentir ce frémissement, cette tension prête à éclater à tout moment. Ses gestes devenaient un peu plus lents, son rire un peu plus forcé, et ses mots, souvent mesurés, se faisaient parfois plus hésitants, trahissant une fatigue que seul l’alcool semblait apaiser, même temporairement. Tout ceci étant dit, vous comprendrez mon désarroi lorsque, une nuit, je surpris mon père marcher à quatre pattes, tel un animal, dans les couloirs de notre maison. Je m’en souviens comme si c’était hier.

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Volume 4 · Le cercle

Jeannette, la sœur aînée, prend la parole : comment la Maison du bonheur a perdu sa lumière.

Je m’appelle Jeannette, et je suis l’aînée d’une fratrie de trois enfants. Avec mes parents, ma petite sœur Régine, et mon frère cadet Ike, nous vivons dans une jolie maison dans le quartier d’Odza. Cette maison, autrefois surnommée la “Maison du bonheur”, était notre havre de paix, un lieu où nous nous sentions toujours en sécurité, entourés d’amour et de rires. Elle résonnait des éclats de joie, des jeux et des moments en famille, sous la bienveillance de nos parents aimants. Mais depuis quelques années, cette lumière s’était éteinte, remplacée par une ombre oppressante. Notre maison, autrefois synonyme de bonheur, était devenue l’épicentre de phénomènes étranges et inquiétants. Mes frères et moi, malgré notre jeunesse, ressentions profondément ces changements, cette atmosphère lourde qui s’était insidieusement installée.

J’ai eu une enfance relativement heureuse, bercée par l’insouciance et les jeux. Mais du jour au lendemain, tout a changé. Je me suis surprise à devenir plus rebelle, plus intolérante, et surtout plus anxieuse. Ce n’était pas simplement les turbulences de l’adolescence. Non, c’était autre chose, quelque chose de plus profond. Je voyais clairement que la relation entre mes parents s’était dégradée, s’étiolant jusqu’à devenir une pâle imitation de ce qu’elle avait été. Les regards qu’ils échangeaient, autrefois remplis de douceur et de complicité, étaient désormais empreints de méfiance et de douleur. Une tension permanente flottait dans l’air, un silence lourd qui parlait de ressentiments tus et de blessures invisibles.

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Volume 5 · L’amitié

Deux amis d’enfance, des retrouvailles chaleureuses… et le début d’une histoire de loyauté et de trahison.

À leur retour, ils furent accueillis chaleureusement par tonton Paul, un ami d’enfance de mon père. Les deux hommes partageaient un lien indéfectible, forgé par les souvenirs de leurs jeunes années passées dans le même village. Tandis que mon père avait choisi un parcours académique en Allemagne, tonton Paul avait opté pour l’Inde, où il avait étudié la finance avec le rêve de lancer une chaîne de vente de vêtements au Cameroun. Leur amitié avait survécu aux années et à la distance, restée aussi forte qu’au premier jour, chaque rencontre étant un retour joyeux aux jours insouciants de leur jeunesse.

Mais derrière ce retour au pays se cachait une histoire plus complexe, où les rêves et les réalités de deux hommes, autrefois inséparables, allaient bientôt se heurter à des défis inattendus. Pourquoi, alors, mon père était-il si effrayé par ce vieil ami, au point que cette amitié précieuse semblait désormais menacée ? C’est une histoire de loyauté et de trahison, de la façon dont les chemins de la vie peuvent modifier même les amitiés les plus solides.

Dans les profondeurs insondables de l’Afrique, là où les forêts anciennes murmurent des secrets oubliés et où les esprits ancestraux veillent dans l’ombre, une histoire tragique commençait à se tisser, marquée par le retour de mon père au pays natal. Ce retour, qui aurait dû être synonyme de renaissance pour notre famille, marqua au contraire le début d’une série d’événements sinistres, hantés par des forces invisibles qui allaient nous plonger dans un abîme de terreur.

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Volume 6 · Mon modèle

Un soir sur le balcon, un père réservé trouve enfin les mots qu’il n’avait jamais dits à son fils.

À la fin de notre échange, il sortit un portefeuille en cuir usé de sa poche et me tendit mon argent de poche de la semaine. En regardant les billets, je remarquai qu’il y en avait quelques-uns en plus, bien plus que d’habitude. Surpris, je lui fis remarquer cette générosité inhabituelle et il me rétorqua que je savais pourquoi. Avec l’insouciance de la jeunesse, j’essayai de deviner la raison, lui répondant en plaisantant que c’était sûrement parce que j’étais un bon enfant, sage et obéissant, et toutes ces autres idées un peu prétentieuses qui me traversèrent l’esprit à ce moment-là.

Il se tourna alors vers moi, un sourire léger sur les lèvres, mais ses yeux brillaient d’une émotion plus profonde. Il posa sa main sur mon épaule, une main lourde de vécu, de sacrifices et d’amour, et me regarda droit dans les yeux. « C’est surtout parce que je t’aime et que je suis fier de toi », me dit-il avec une sincérité désarmante.

Ces mots, simples mais remplis de sens, m’ont touché au plus profond de mon être. Pour la première fois, je compris que derrière ses attentes et ses leçons se cachait un amour immense, une fierté qui n’avait pas besoin d’être exprimée en mots ou en gestes grandioses. Cet instant, assis là avec lui, sur ce balcon, est resté gravé dans ma mémoire. C’était un moment de connexion profonde, un instant de vérité où tout semblait clair, où l’amour paternel se révélait dans toute sa splendeur silencieuse.

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Volume 7 · Le sacrifice

Derrière la porte close de sa chambre, Ike entend son père tenir tête à des forces invisibles.

Sa voix tremblait de colère et de désespoir, un mélange déchirant de peur et de défi. Un court silence suivit, étirant le moment dans une tension insupportable, puis sa voix s’éleva de nouveau, plus forte, empreinte d’une fureur désespérée :

« Laissez Régine tranquille, jamais je ne la sacrifierai ! »

Ces mots, murmurés avec une détermination désespérée, résonnaient dans le silence étouffant de la maison, se faufilant à travers la porte pour s’infiltrer dans mon esprit. À qui parlait-il ? Ou plutôt, à quoi parlait-il ? Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine, une peur irrationnelle s’emparait de moi, mais elle n’était rien comparée à la terreur viscérale de ce que ces mots pouvaient signifier. L’image de ma sœur, innocente et insouciante, se superposa à celle des forces invisibles qui semblaient peupler cette maison.

Je me sentais pris au piège. Un frisson glacé me traversa lorsque je posai la main sur la poignée de la porte, sa surface froide comme la pierre sous mes doigts tremblants. Je m’apprêtais à entrer, à affronter ce qui se trouvait derrière cette porte, mais quelque chose me retint, comme d’habitude tu me diras. C’était comme si la maison elle-même me chuchotait de ne pas entrer, de ne pas défier ce qui s’y trouvait, comme si elle savait que l’acte de franchir ce seuil changerait à jamais le cours de ma vie.

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Volume 8 · Le méningiome

Dans un glacier de Yaoundé, Régine, tout juste bachelière, reçoit de sa mère un secret qui va tout bouleverser.

D’un coup, elle s’avança vers moi, ses yeux soudain plus sombres, presque perçants, comme si ce qu’elle avait à me confier pesait lourdement sur son cœur. Elle se pencha si près que je pouvais sentir son souffle irrégulier contre ma joue. L’atmosphère autour de nous changea subtilement ; le brouhaha de la salle se fit plus lointain, presque étouffé, comme si le monde extérieur s’effaçait pour ne laisser place qu’à ce moment précis, à cette confession intime. Elle murmura d’une voix faible, tremblotante, mais teintée d’une gravité que je ne lui connaissais pas :

“Est-ce que tu crois en Dieu, ma fille ?”

Je fus frappée de stupeur, les mots se coinçant dans ma gorge. Pourquoi cette question, et pourquoi maintenant, dans ce lieu si ordinaire ? Le temps semblait s’étirer, chaque seconde, je ressentais un poids de plus sur mes épaules. Sans comprendre, je hochai la tête, mes pensées embrouillées, cherchant désespérément un sens, une logique, alors que mes lèvres restaient closes, incapables de formuler mes interrogations.

“Bien,” continua-t-elle, et sa voix, bien que basse, résonnait comme un écho inquiétant dans le silence soudain de mon esprit. “Parce que je dois te confier un secret. Quelque chose qui me tourmente depuis plus d’un an maintenant. Ta sœur Jeannette devra bientôt partir pour terminer ses études en Europe, et tu seras l’aînée de la maison. Tu devras veiller sur ton petit frère. Sache que si je venais à quitter notre maison, ton frère et toi seriez probablement la cible de forces occultes que ton père a invité dans notre foyer, sans même s’en rendre compte. Pour l’instant, ta foi en notre Seigneur est votre seul rempart contre ces esprits, mais souviens-toi que je serai toujours à vos côtés.”

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Volume 9 · Le masque

Quand le père de son meilleur ami Antoine meurt, Ike découvre qu’une simple présence vaut parfois mille mots.

Je m’approchai de lui, doucement, sans dire un mot. Sans réfléchir davantage, je pris la seconde manette et m’assis à côté de lui, me joignant silencieusement à sa partie. Je n’étais pas particulièrement doué pour la communication, encore moins pour trouver les mots justes dans des moments aussi délicats. D’ailleurs, je ne le suis toujours pas à ce jour. Mais je savais que j’étais un bon ami, quelqu’un qui savait écouter et être là, tout simplement. Alors, oui, je me mis à jouer avec lui, sans même essayer de croiser son regard, de peur que cela ne le mette mal à l’aise.

Nous jouâmes en silence, les bruits de la salle d’arcade créant une étrange bulle autour de nous. Après notre troisième partie, je posai ma main sur son épaule. Le geste était simple, presque instinctif, mais il portait tout le poids de ce que je voulais lui dire. “Mes condoléances, mon frère,” murmurai-je finalement, ma voix à peine plus forte qu’un souffle. Antoine tourna lentement la tête vers moi, ses yeux rouges et gonflés fixant les miens. Il me regarda droit dans les yeux, et d’une voix étouffée mais sincère, répondit simplement : “Merci.” Dans ce bref échange, chargé d’émotions, il y avait plus de compréhension et de soutien que mille mots auraient pu en transmettre. Nous retournâmes à notre partie, et je vis, du coin de l’œil, des larmes silencieuses couler le long de ses joues, se mêlant à la lumière bleue de l’écran.

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Volume 10 · La dame blanche

Rejetée par ses oncles, Jeannette s’effondre dans un train, et sa mère malade trouve la force de la consoler.

À cet instant précis, dans ce train qui la ramenait vers une réalité impitoyable, Jeannette se sentait plus seule que jamais. Chaque larme qui roulait sur son visage était une libération, mais aussi un rappel cruel de tout ce qu’elle devait affronter. Et pourtant, malgré la douleur, malgré le sentiment d’être accablée, une petite voix au fond de son être la poussait à continuer, à ne pas abandonner. Elle savait que pour l’instant, elle devait être à la fois la fille, la sœur et le pilier de cette famille fragilisée.

Et tandis qu’elle sanglotait doucement, ma mère, d’un geste lent et affectueux, l’enveloppa de ses bras maigres. Elle la serra contre elle, comme pour absorber un peu de cette douleur, un peu de cette souffrance qui transparaissait dans chaque fibre de son être. Dans un murmure doux mais assuré, elle lui souffla à l’oreille : « Tout ira bien, ma fille. Ne t’inquiète pas. Je suis sûre qu’on trouvera une solution. Le Seigneur pourvoira. » Ces paroles, simples mais pleines de réconfort, avaient une résonance particulière. Pour Jeannette, ce fut comme une lumière dans l’obscurité. Elle réalisa que, malgré tout ce qu’ils traversaient, notre mère n’avait pas perdu sa foi. Et peut-être, dans ces moments les plus sombres, c’était cette foi qui leur permettait de continuer à avancer, même lorsque le chemin semblait complètement bloqué.

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Mis à jour le 17 octobre 2026 · Par Steve Tiambo, auteur