Quand le père de son meilleur ami Antoine meurt, Ike découvre qu’une simple présence vaut parfois mille mots.
Je m’approchai de lui, doucement, sans dire un mot. Sans réfléchir davantage, je pris la seconde manette et m’assis à côté de lui, me joignant silencieusement à sa partie. Je n’étais pas particulièrement doué pour la communication, encore moins pour trouver les mots justes dans des moments aussi délicats. D’ailleurs, je ne le suis toujours pas à ce jour. Mais je savais que j’étais un bon ami, quelqu’un qui savait écouter et être là, tout simplement. Alors, oui, je me mis à jouer avec lui, sans même essayer de croiser son regard, de peur que cela ne le mette mal à l’aise.
Nous jouâmes en silence, les bruits de la salle d’arcade créant une étrange bulle autour de nous. Après notre troisième partie, je posai ma main sur son épaule. Le geste était simple, presque instinctif, mais il portait tout le poids de ce que je voulais lui dire. “Mes condoléances, mon frère,” murmurai-je finalement, ma voix à peine plus forte qu’un souffle. Antoine tourna lentement la tête vers moi, ses yeux rouges et gonflés fixant les miens. Il me regarda droit dans les yeux, et d’une voix étouffée mais sincère, répondit simplement : “Merci.” Dans ce bref échange, chargé d’émotions, il y avait plus de compréhension et de soutien que mille mots auraient pu en transmettre. Nous retournâmes à notre partie, et je vis, du coin de l’œil, des larmes silencieuses couler le long de ses joues, se mêlant à la lumière bleue de l’écran.
La suite se trouve dans le livre.
