LAMADUBO

Volume 9 · LAMADUBO

Le masque

« Le masque », volume 9 de La Maison du Bonheur, suit Ike après l’annonce de la mort de son père. Il décrit la carapace souriante qu’il s’est forgée pour survivre, puis les obsèques au village, où l’arrivée de Paul et des membres de la réunion ouvre une nuit de confrontation surnaturelle.

Ike reprend la parole au moment le plus brutal : un appel de tonton Laka, sans ménagement, lui annonce la mort de son père et le charge de prévenir les autres. Pour faire comprendre son état d’esprit, il remonte à octobre 1999, au soir où il avait retrouvé son ami Antoine, qui venait de perdre son père, seul devant un écran dans une salle d’arcade du quartier.

Ike annonce la nouvelle à Jack, à sa tante, à Régine, puis s’installe dans le fauteuil de son père pendant que les voisins affluent. On le croit trop jeune pour comprendre ; il roule à vélo, sourit, rassure. Ce volume met des mots sur ce masque, une seconde personnalité qu’il s’est construite au fil des années pour tenir debout quand tout s’effondre autour de lui.

Viennent ensuite le village, la foule des obsèques, le chef et ses notables, et Paul, l’ancien meilleur ami du père, qui arrive en cortège avec les membres de la réunion. La mère se lève. Plus tard, dans la nuit, les braises de la cheminée prennent un visage familier, et Ike, Régine et Jeannette doivent affronter ce qui rôde près de la tombe.

« Cette façade de normalité et de joie s’était imposée comme ma personnalité par défaut. »Volume 9 · Le masque
Raconté par
Ike, le fils cadet
Personnages
Ike (le narrateur), Antoine, Jack (le cousin), La tante, Régine, Madeleine (l’amie de Régine), La mère d’Antoine
Lieux
La Maison du Bonheur, Yaoundé, Une salle d’arcade du quartier, Le village et la maison familiale, La cour arrière et la tombe du père
Le deuilLa carapace émotionnelleL’amitiéLes rites funéraires

Extrait gratuit

Quand le père de son meilleur ami Antoine meurt, Ike découvre qu’une simple présence vaut parfois mille mots.

Je m’approchai de lui, doucement, sans dire un mot. Sans réfléchir davantage, je pris la seconde manette et m’assis à côté de lui, me joignant silencieusement à sa partie. Je n’étais pas particulièrement doué pour la communication, encore moins pour trouver les mots justes dans des moments aussi délicats. D’ailleurs, je ne le suis toujours pas à ce jour. Mais je savais que j’étais un bon ami, quelqu’un qui savait écouter et être là, tout simplement. Alors, oui, je me mis à jouer avec lui, sans même essayer de croiser son regard, de peur que cela ne le mette mal à l’aise.

Nous jouâmes en silence, les bruits de la salle d’arcade créant une étrange bulle autour de nous. Après notre troisième partie, je posai ma main sur son épaule. Le geste était simple, presque instinctif, mais il portait tout le poids de ce que je voulais lui dire. “Mes condoléances, mon frère,” murmurai-je finalement, ma voix à peine plus forte qu’un souffle. Antoine tourna lentement la tête vers moi, ses yeux rouges et gonflés fixant les miens. Il me regarda droit dans les yeux, et d’une voix étouffée mais sincère, répondit simplement : “Merci.” Dans ce bref échange, chargé d’émotions, il y avait plus de compréhension et de soutien que mille mots auraient pu en transmettre. Nous retournâmes à notre partie, et je vis, du coin de l’œil, des larmes silencieuses couler le long de ses joues, se mêlant à la lumière bleue de l’écran.

La suite se trouve dans le livre.

Questions fréquentes

Pourquoi le volume 9 s’intitule-t-il « Le masque » ?

Le titre désigne la façade de normalité et de joie qu’Ike affiche malgré le deuil. Il explique s’être construit une seconde personnalité, une carapace émotionnelle devenue instinctive, qui déroute ses camarades venus lui présenter leurs condoléances.

Qui est Antoine ?

Antoine est l’ami d’Ike, « un frère né d’une autre mère », qui l’avait soutenu pendant les troubles de Jack. Quand Antoine perd son père, Ike le rejoint dans une salle d’arcade et joue en silence à ses côtés.

Mis à jour le 17 octobre 2026 · Par Steve Tiambo, auteur