Une panne de courant, des bougies, les récits d’un père… puis la nuit, et les murs qui vibrent.
Un samedi soir, après une journée où l’électricité avait été coupée, la nuit s’abattit sur notre quartier, enveloppant chaque maison dans une obscurité épaisse et palpable. Les rues, d’habitude animées par les lumières vacillantes des réverbères, étaient plongées dans le noir complet, comme si le monde avait été englouti dans une mer de ténèbres. En rentrant à la maison après une longue journée de football, je trouvai ma famille réunie au salon, éclairée par la lueur tremblotante des bougies. Leur lumière dansait sur les murs, projetant des ombres étranges qui semblaient prendre vie, étirées par les coins sombres de la pièce. Nous avons passé la soirée à discuter, à écouter une énième fois mon père raconter son “incroyable” parcours, de l’école de son village perdu dans les montagnes de l’Ouest Cameroun à l’une des plus prestigieuses universités de Bruxelles. Ces moments de partage, bien que routiniers, portaient en eux une chaleur réconfortante, une simplicité qui masquait la menace invisible qui rôdait dans l’ombre, prête à frapper.
Il était minuit passé lorsque je me glissai dans mon lit, avec mon cousin Jack endormi à mes côtés. La nuit était étrangement silencieuse, seulement troublée par les rares faisceaux de lumière lunaire qui perçaient à travers les rideaux, dessinant des motifs fantomatiques sur le sol. Le calme était presque inquiétant, comme le calme avant une tempête. Mais ce silence ne dura pas longtemps. À peine avais-je fermé les yeux, tentant tant bien que mal de vider mon esprit et de me laisser glisser dans les bras de Morphée, que les camions du dépôt reprirent leur défilé infernal. Leurs moteurs rugissants résonnaient comme des tambours funèbres, chaque grondement s’insinuant dans le silence de la nuit, faisant vibrer les murs et mes nerfs déjà tendus.
La suite se trouve dans le livre.
