LAMADUBO

Volume 2 · LAMADUBO

Le mur

Le mur, deuxième volume de La Maison du Bonheur de Steve Tiambo, raconte la nuit où Ike, onze ou douze ans, voit une silhouette noire surgir du mur de sa chambre à Odza, à Yaoundé. Entre camions, chats et coupure de courant, ce récit d’épouvante interroge la frontière entre cauchemar, prémonition et foi.

Ike a onze ou douze ans. À Odza, la vie de quartier garde quelque chose de magique, mais la nuit appartient à d’autres voix : le vacarme des camions d’un dépôt voisin et les miaulements des chats, que les anciens disent capables de voir au-delà du monde des vivants. Un samedi de coupure d’électricité, après une soirée aux bougies à écouter son père raconter son parcours jusqu’à Bruxelles, Ike se couche près de Jack, déjà endormi.

Ce volume court et intense tient presque en une seule nuit. Ike, qui tenait la sorcellerie pour une superstition de quartier, se heurte à une question qu’il n’osait pas formuler : si l’on croit en Dieu, faut-il aussi croire aux forces contraires ? Le mur de sa chambre se met à vibrer, et une silhouette en émerge. Paralysé, sans voix, privé d’eau bénite comme de prières, il doit trouver en lui une autre arme.

Le récit joue sur la frontière entre rêve et prémonition. Les détails comptent : l’heure exacte affichée sur un téléphone, le retour des mêmes bruits, le souvenir de la foi inébranlable d’une mère. Des années plus tard, Ike ne sait toujours pas ce qu’il a vécu cette nuit-là. Il sait seulement qu’elle a laissé en lui une empreinte que ni l’aube ni la lumière du jour n’ont réussi à effacer.

Le mur à ma droite se mit soudain à vibrer, comme s’il était animé par une force surnaturelle.Volume 2 · Le mur
Raconté par
Ike, qui revient sur une nuit de ses onze ou douze ans
Personnages
Ike, Jack, la mère d’Ike, le père d’Ike, l’ombre en robe blanche
Lieux
Odza, Yaoundé, la chambre d’Ike
Cauchemar et prémonitionForces invisiblesLa foi comme refugeL’heure du diable

Extrait gratuit

Une panne de courant, des bougies, les récits d’un père… puis la nuit, et les murs qui vibrent.

Un samedi soir, après une journée où l’électricité avait été coupée, la nuit s’abattit sur notre quartier, enveloppant chaque maison dans une obscurité épaisse et palpable. Les rues, d’habitude animées par les lumières vacillantes des réverbères, étaient plongées dans le noir complet, comme si le monde avait été englouti dans une mer de ténèbres. En rentrant à la maison après une longue journée de football, je trouvai ma famille réunie au salon, éclairée par la lueur tremblotante des bougies. Leur lumière dansait sur les murs, projetant des ombres étranges qui semblaient prendre vie, étirées par les coins sombres de la pièce. Nous avons passé la soirée à discuter, à écouter une énième fois mon père raconter son “incroyable” parcours, de l’école de son village perdu dans les montagnes de l’Ouest Cameroun à l’une des plus prestigieuses universités de Bruxelles. Ces moments de partage, bien que routiniers, portaient en eux une chaleur réconfortante, une simplicité qui masquait la menace invisible qui rôdait dans l’ombre, prête à frapper.

Il était minuit passé lorsque je me glissai dans mon lit, avec mon cousin Jack endormi à mes côtés. La nuit était étrangement silencieuse, seulement troublée par les rares faisceaux de lumière lunaire qui perçaient à travers les rideaux, dessinant des motifs fantomatiques sur le sol. Le calme était presque inquiétant, comme le calme avant une tempête. Mais ce silence ne dura pas longtemps. À peine avais-je fermé les yeux, tentant tant bien que mal de vider mon esprit et de me laisser glisser dans les bras de Morphée, que les camions du dépôt reprirent leur défilé infernal. Leurs moteurs rugissants résonnaient comme des tambours funèbres, chaque grondement s’insinuant dans le silence de la nuit, faisant vibrer les murs et mes nerfs déjà tendus.

La suite se trouve dans le livre.

Questions fréquentes

Ce qu’Ike vit dans Le mur est-il un rêve ou la réalité ?

Le livre laisse volontairement la question ouverte. Ike lui-même avoue, des années plus tard, être incapable de dire s’il s’agissait d’un cauchemar ou d’une prémonition. Certains signes, au réveil, entretiennent le doute.

Peut-on lire Le mur sans avoir lu L’eau bénite ?

Oui, l’histoire tient en une nuit et se comprend seule. La lire après le volume 1 permet cependant de reconnaître la maison d’Odza, le cousin Jack et une présence lumineuse déjà croisée.

Mis à jour le 17 octobre 2026 · Par Steve Tiambo, auteur